Bure : la guerre est déclarée !

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Michèle Rivasi (Députée européenne écologiste, co-fondatrice de la Criirad)

« Nous sommes dans un déni démocratique total. Il y a deux jours, des activistes de Greenpeace ont été condamné à des peines de prison ferme. Pourtant, ils n’ont fait que montrer les failles dans la sécurité des installations nucléaires. Ce sont des lanceurs d’alerte qui défendent l’intérêt général. Aujourd’hui, nous interdisons à des militants de manifester, circuler et de stationner. Ces restrictions de liberté sont choquantes.

Se mobiliser contre un projet inutile et dangereux n’est pas un délit. Qui bafoue le droit ? C’est le nucléaire qui est hors la loi ! L’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen n’est pas nié. le nucléaire ne respecte pas la loi sur la transition énergétique votée par l’assemblée nationale en 2015. Il empêche de répondre aux objectifs européens sur le développement des énergies renouvelables. Enfin, ce projet Cigéo piétine notre chartre de l’environnement et les droits des générations futures.

Le projet Cigéo est imposé dans l’opacité. Toutes les options devraient être étudiées avant qu’une décision de principe ne soit prise. L’enfouissement des déchets nucléaires sous terre est la méthode la plus commode pour le lobby nucléaire car elle est la moins visible. En attendant, on tarde à expérimenter des alternatives comme d’autres options de stockage en subsurface ou surface.

Actuellement, on n’observe que des sites d’enfouissement défaillants dans le monde.

L’expérience la plus similaire à celle de CIGÉO est le Waste Isolation Pilot Plant, ou Wipp, aux Etats-Unis où plusieurs  centaines de milliers de fûts peuvent être stockés dans des cavernes de sel à 640 mètres de profondeur. En 2014, un incendie, suivi quelques jours plus tard d’un relâchement de radioactivité, libérant notamment du plutonium et de l’américium. Cet accident était supposé ne devoir jamais arriver : lors de la conception du centre de stockage, les ingénieurs avaient estimé qu’un tel accident ne pourrait se produire qu’une fois tous les 200.000 ans. Cet accident a coûté deux milliards de dollars et trois d’arrêt du site.

En Allemagne, l’enfouissement de déchets radioactifs dans une ancienne mine de sel à Asse s’est révélé être une catastrophe. Ce site doit faire face depuis plusieurs années à des infiltrations d’eau dans les parois de la saline. Le pays tente de faire machine arrière en retirant les 126 000 barils entreposés dans le site. Même en Suède, la Cour environnementale suédoise a prononcé son opposition au projet d’enfouissement à 460 mètres de profondeur dans le granite. La sûreté du projet est jugée non assurée au vue de  l’existence de risques de dysfonctionnements graves, mais aussi des problèmes de méthodes et de choix du site.

L’enfouissement des déchets nucléaires à 500 mètres sous terre est la pire des solutions. »

 

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